La forme
Blop, une sphère s’allonge et prend l’aspect d’un humanoïde, s’étire encore puis se replie en deux.
Tiens, ça ressemble vaguement à un insecte. Cette matière se teinte en gris-marron, des détails apparaissent, oui décidément, ça ressemble à une sauterelle.
Mais ses contours qui semblaient se préciser s’estompent maintenant, exit la sauterelle. On se retrouve avec une patate translucide qui hésite à se retransformer. Un temps d’arrêt est marqué visiblement. Puis ça repart, la sphère reprend la forme d’un humanoïde, un crâne bombé apparaît avec de grandes oreilles, des membres se dessinent. Regardez, on dirait une statue de macaque. C’est presque terminé, un singe presque parfait, il ne reste plus qu’à faire naître les contours des doigts… La pari est quasiment gagné pourtant, quelque chose soudain entrave le prodige et au bout de trente secondes, on retrouve la sphère limpide comme de l’eau.
Cette fois, c’est la bonne, la forme se tord dans tous les sens, semble suer de toute sa peine, l’humanoïde réapparaît. C’est déjà ça… Reste le plus dur à faire, un visage affleure… La couleur vient aussi… C’est de la chair humaine mais un vert pomme se mêle au jeu. Raté, cela devient un batracien trapu doté d’une tête d’homme. Hop, disparition du modèle et retour à la sphère.
Dernière chance, elle en a de la patience cette boule ! Après l’étape fastidieuse de l’humanoïde, on parvient à voir des détails de l’homme nouveau : tempes grisonnantes, nez busqué, lèvres fines et provocatrices. Reste le regard… Ca y est, de vrais mitraillettes…
Je ne savais pas que la forme aimait imiter Mitterrand.
